
Musique Française

La Complainte de Ruteboeuf
Pauvre Rutebeuf est un assemblage d’extraits des poèmes La Complainte Rutebeuf et La Griesche d’Hiver, du poète Rutebeuf (1230-1285), adaptés en français moderne par Léo Ferré. Rutebeufdevait son nom à son surnom de « Rude bœuf » (bœuf vigoureux)? Pourtant, on sait bien peu de choses de sa vie sauf qu’il était probablement un jongleur avec une formation de clerc (en tout état de cause, il connaissait le latin). Son œuvre, très diversifiée, sera en rupture totale avec la tradition de la poésie courtoise des trouvères. Rutebeuf sera ainsi un des premiers poètes à parler de ses misères et des difficultés de la vie. Ce poème a été repris et mis en musique par Léo Ferré.

Marions les roses
Traditionnelle et populaire :Marions les roses. C’est une chanson de quête qui appartient à cette longue tradition qui consistait pour les jeunes gens à aller de ferme en ferme, de maison en maison pour quémander à manger, des oeufs, du jambon, parfois on leur offrait aussi du cidre ou du vin selon les régions. Et là, ça pouvait tourner au final, en bagarre. C’est une tradition qui ressemble un peu à celle d’halloween en Amérique du nord, qui est revenu récemment chez nous. Les grandes quêtes étaient au nombre de quatre, à l’origine. Il y avait donc l’épiphanie, le mardi gras, pâques et la quête du premier mai, qui semble, elle, être la plus ancienne. Mais peu à peu, sous l’influence religieuse, il n’est resté, finalement dans les mémoire, que la quête rituelle de paque avec l’objet centrale qui est l’oeuf de pâque, symbole de vie, de renaissance. Nous écoutons à présent cette chanson de quête du premier mai et qui nous vient du Berry.

Belle qui tient ma vie
Musique de danse et de cour : Belle qui tiens ma vie est une pavane accompagnée d’un tambourin) composée par Thoinot Arbeau, de son vrai nom, Jehan Tabourot (1520–1595), chanoine de Langres, dans son traité de danse l’Orchésographie paru en 1589. Le texte célèbre l’amour courtois entre un homme et sa bien-aimée La Pavane est une danse de cour, à 2 temps, lente et à pas glissés (proches du sol) dont l’origine serait espagnole et qui renvoie soit au nom de la ville de Padoue, soit à la traduction du mot « paon ». C’est une danse qui consiste à défiler en couple en se montrant à l’assistance dans ses plus beaux atours, d’où l’idée de « se pavaner » tel un paon.

Mignonne, allons voir si la rose
Mignonne, allons voir si la rose est un poème écrit par Pierre de Ronsard en 1545. Ce poème évoque la jeunesse qui passe comme le temps d’une fleur. Cette méditation sur la vieillesse et la mort est un thème récurrent dans la littérature tant religieuse que profane. La musique est de Guillaune Costeley, grande figure de la Musique de la Renaissance.Non seulement, il est organiste et musicien à la cour du roi. Mais, il développera des formes polyphoniques nouvelles pour l’époque.
Il faut noter que cette chanson n’est pas à proprement parler une chanson d’amour comme son titre porterait à le faire croire. Certes, on devine que l’auteur courtise la belle à laquelle il parle. Mais, par l’allégorie, il traite le thème du temps qui passe si vite. Ainsi, il montre la fragilité de la jeunesse et de la beauté qui ne dure que peu de temps.

La complainte de la blanche biche
Complainte de la Blanche Biche, XVIe. Connue en Bretagne et Vendée, on la trouve sous différentes versions en Alsace, Normandie et Lorraine. La biche blanche apparaît généralement comme un animal fantastique surgi de l’au-delà pour égarer les chasseurs. Elle est parfois métamorphe et peut se changer en superbe femme. Certaines femmes se métamorphosent la nuit ou le jour venu en blanche biche, à la suite d’une malédiction. Elle sert aussi de nourrice à de jeunes enfants, ou alors elle attend qu’un chevalier lui donne un baiser d’amour sincère pour prendre forme humaine. Cette chanson traditionnelle fut notamment interprétée par Tri Yann, Malicorne ou Belyscendre.

Hymne à la nuit
C’est un thème de l’opéra de Jean-Philippe Rameau Hippolyte et Aricie, créé en 1733 (duo des Prêtresses de Diane, « Rendons un éternelhommage », acte I, scène 3). Les paroles de l’Hymne à la nuit ont été écrites par le compositeur ÉdouardSciortino(1893-1979). Hippolyte et Aricie est le premier opéra composé par Jean Philippe Rameau, alors âgé de cinquante ans. Le livret, est directement inspiré bien que notablement modifié, du Phèdre de Racine, de Sénèque et d’Euripide. Ainsi Hippolyte ne meurt pas et sa résurrection permet une conclusion heureuse. La version retenue L’Hymne à la nuit est une harmonisation due à Joseph Noyon (1888-1962) et rendue populaire par le film Les Choristes.
Ô nuit ! Qu’il est profond ton silence
Quand les étoiles d’or scintillent dans les cieux.
J’aime ton manteau radieux
Ton calme est infini
Ta splendeur est immense

Les Berceaux
Composée en 1879, la mélodie « Les Berceaux » (Op. 23, No 1) de Gabriel Fauré est inspirée du poème éponyme de Sully Prudhomme. La musique illustre le destin des marins qui partent en mer, évoquant simultanément la forme des navires et celle des berceaux bercés par les femmes restées sur le rivage

Après un rêve
Après un rêve : Cette mélodie fait partie d’un ensemble de trois pièces, dont elle est la première, précédent Hymne et Barcarolle. Elles furent toutes trois composées entre 1870 et 1877, puis rassemblées et publiées en 1878 sous le titre Trois Mélodies. Le poème d’Après un rêve est librement adapté par Romain Bussine à partir d’un texte italien anonyme. Il raconte, sous forme d’un songe, l’envol imaginaire de deux amants épris l’un de l’autre, mais la dernière strophe ramène inexorablement le rêveur à sa triste réalité, tandis que le jour se lève.

La Belle se sied au pied de la tour
La Belle se sied au pied de la tour : C’est une chanson issue du recueil Les Huit Chansons françaises, recueil de huit pièces pour chœur mixte et chœur d’hommes a cappella, composées par Francis Poulenc en 1945–1946, sur des textes populaires français. Les paroles sont de Guillaume Duffay sur le thème d’une chanson courtoise médiévale.

L’albatros
L’Albatros est un poème de Charles Beaudelaire, publié dans le recueil « les fleurs du mal » en 1852. Baudelaire utilise une image nouvelle et double : l’oiseau dans le ciel se trouve du côté de l’idéal, au sol, il devient maladroit : du côté du spleen, il représente bien la mélancolie du poète inadapté à la société. Cette version musicale a été (il y en a eu beaucoup) a été composée en 1980 par Patrick le Mault et publiée en 2003

Les Feuilles mortes
Les Feuilles mortes est un texte écrit pendant la seconde guerre mondiale par Jacque Prévert. La Musique a été composée par Joseph Kosma, inspirée par les mélodies de Jules Massenet et l’ouverture du ballet Hamlet de Tchaïkovsky. Cette chanson a été popularisée par de nombreux artistes dont Cora Vaucaire, Yves Montand et Juliette Gréco. Elle est aussi devenue un thème de référence pour le monde du Jazz.

Les Passantes
Les Passantes : Antoine Pol écrit ce poème en 1911, mais il ne le publiera qu’après la guerre en 1918, dans le recueil Émotions poétiques. Georges Brassens racontait qu’il avait découvert le livre chez un bouquiniste en 1942, alors qu’il cherchait l’inspiration. Subjugué par ce texte qui résonnait sans doute avec sa propre expérience des femmes, il passera plusieurs années à le mettre en musique. Sa mélodie apportera finalement la touche supplémentaire de nostalgie nécessaire au texte romantique. Il obtient l’autorisation du poète lui-même de le chanter en 1970.Ce poème est une ode nostalgique au temps qui passe, à l’amour que l’on aurait pu connaître si seulement on avait osé l’aborder. Avant tout, c’est un hommage aux femmes, à toutes les femmes

la Chanson de Prévert
Serge Gainsbourg obtient ses premiers succès au début des années 1960 avec la chanson, qu’il considère comme un « art mineur ». Sa poésie est remarquée par Boris Vian et Marcel Aymé, notamment à la sortie de « L’eau à la bouche » en 1960 ; il écrit ensuite « La Chanson de Prévert ». Sorti en 1961, ce titre est un hommage à la chanson « Les Feuilles mortes » de Jacques Prévert et Joseph Kosma, interprétée magnifiquement à partir de 1950 par Yves Montand. Ce dernier se serait d’ailleurs vu promettre l’interprétation de « La Chanson de Prévert » par Serge Gainsbourg, qui l’aurait finalement proposée à sa première muse, Juliette Gréco. Celle-ci la refuse alors, et attendra les années 2000 pour la chanter. Après une première version signée Michèle Arnaud (que Serge Gainsbourg accompagnait à la guitare à ses débuts dans la musique), c’est l’Homme à la tête de chou qui pose finalement sur ce titre sa voix grave, lui offrant une dimension supplémentaire.

Mon amie la Rose
En 1964, cette ballade nostalgique sortait sur le troisième album de Françoise Hardy. En quelques semaines, «Mon amie la rose» devenait un énorme succès et, à jamais, un titre emblématique de la chanteuse. Auteure, compositrice et interprète, Françoise Hardy n’est pas à l’origine de Mon amie la rose. On le doit à Cécile Caulier, pour les paroles, sur un boléro arrangé par Jacques Lacome d’Estalenx pour la musique. Cette composition qui utilise l’image classique de la fragilité de la rose en opposition à l’éternité a souvent été comparée au poème de Pierre de Ronsard Mignonne allons voir si la rose écrit en 1545. Il n’en est rien. En réalité, elle a été inspirée par la mort brutale de l’actrice Sylvia Lopez à l’âge de vingt-six ans.
« On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l’a dit ce matin
J

Quand on n’a que l’amour
Quand on n’a que l’amour est une chanson écrite, composée et interprétée par Jacques Brel en 1956 et est son premier grand succès. cette chanson parle de l’impuissance face à la guerre dans le contexte de la guerre d’Algérie. Il souhaitait s’astreindre à une « obligation de réserve » sur ce sujet car il n’était pas français, et d’une manière générale ne voulait pas être considéré comme un chanteur engagé, délivrant des messages ; son opposition à la guerre s’est donc traduite de manière allusive.